Eclipsium: dans les entrailles de la ruine fantasmatique (PL_E28)
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Table des matières :
(00:00:00) : Introduction
(00:05:50) : 1) Éclipser Thanatos
(00:13:21) : 1.1) Narration
(00:29:36) : 1.2) Jouabilité
(00:45:47) : 1.3) Esthétique
(01:10:08) : 2) Décomposer la poésie des ruines
(01:30:28) : 2.1) La ruine comme régime esthétique
(01:41:17) : 2.2) Ruine picturale
(01:59:46) : 2.3) Psychanalyse des ruines
(02:05:47) : 3) Topo-analyse d'un trauma écliptique
(02:07:49) : 3.1) Ruine architecturale
(02:27:56) : 3.2) Ruine civilisationnelle
(02:39:42) : 3.3) Ruine perceptuelle
(02:45:01) : 3.4) Ruine représentationnelle
(02:48:36) : Conclusion
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Cet épisode analyse le jeu d’horreur surréaliste Eclipsium (Housefire, 2025) à partir du concept d’«espaces fantasmatiques» développé par Mathias Fuchs dans son ouvrage Phantasmal Spaces: Archetypical Venues in Computer Games (2019). En mettant en relation la configuration des espaces vidéoludiques, l’esthétique romantique des ruines et les approches psychanalytiques de l’imaginaire, l’épisode examine comment Eclipsium mobilise l’archétype spatial de la ruine pour produire une expérience affective tout aussi abjecte que sublime.
L’analyse s’intéresse d’abord à la nostalgie des ruines et à la fascination pour la dégradation comme manifestations du memento mori, de la pulsion de mort et d’un désir paradoxal envers des objets à la fois palpables et inaccessibles. Ces bases théoriques servent à montrer comment les paysages architecturaux décomposés, les structures industrielles abandonnées et les environnements mutilés de Eclipsium réactualisent les conventions romantiques de la ruine picturale tout en les inscrivant dans une esthétique post-numérique caractérisée par la discontinuité visuelle, l’hétérogénéité graphique et la matérialité du pixel.
En mobilisant la topoanalyse comme méthode d'interprétation, l'épisode soutient que Eclipsium transforme la ruine en opérateur esthétique et ludo-narratif. L'environnement devient ainsi un espace d’interaction entre la mémoire, le corps et le trauma, où la désintégration du monde participe à une réflexion sur la finitude, la destruction et la persistance des fantasmes culturels qui hantent les ruines.
Créateurs et invités
Hôte
Hugo Montembeault
Hugo Montembeault est professeur en études vidéoludiques à l'UQAT Montréal. À travers son récent ouvrage "Archéologie du glitch", il étudie les formes esthétiques, les pratiques culturelles et l’économie politique du glitch dans le monde du jeu vidéo. Ses recherches traitent également des théories et des pratiques du bruit dans le contexte du design de jeu, des plateformes vidéoludiques et de la jouabilité. Ses autres contributions touchent à l’étude des genres vidéoludiques, à la narratologie et à l'histoire de la jouabilité.
Hôte
Maxime Deslongchamps-Gagnon
Maxime Deslongchamps-Gagnon est chercheur postdoctoral à l’école NAD, où il étudie la collaboration interdisciplinaire dans les studios québécois de jeu vidéo. Il est chargé de cours au NAD et à UQAT Montréal dans des programmes de création de jeu vidéo. Son livre « Jeux édifiants », qui porte sur l’épanouissement des joueur·euses par la mise en pratique de la vertu, est en voie de publication avec les Presses universitaires du Québec. Ses recherches concernent plus généralement les rapports entre le jeu vidéo, l’éthique et les émotions.
